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Mesdames, Messieurs,
Je n?ai ?et instant que deux sujets ??esprit. Le premier sujet, c?est la France, que j?ai scrut?pendant ces mois de campagne ?ctorale, que j?ai rencontr?en milliers de visages diff?nts, la France qui s?inqui?, qui souffre, qui est d?ir? bien plus qu?elle ne l?a jamais ?, et en m? temps, la France riche de potentiel, riche de promesses, la France qui voudrait y croire.
Et j?ai ??esprit aussi, et plus que tout, les quelque sept millions de Fran?s qui m?ont donn?eur confiance, qui ont mis leur espoir dans cette d?rche nouvelle, faisant surgir d?un coup la troisi? force politique fran?se, la seule force nouvelle de notre pays. Les sept millions de Fran?s et tous ceux qui ont eu ?n moment ou ?n autre l?envie de se joindre ?ux, et parfois qui le regrettent. Cela fait un immense espoir.
Il y a d?rmais dans notre pays trois forces politiques, une ?roite, une ?auche, et une au centre. Et c?est le centre qui est la force nouvelle.
Je veux vous parler de l?avenir. ![]()
La France a trois probl?s : nous sommes un pays ?a d?cratie malade ; nous sommes un pays au tissu social d?ir? nous sommes un pays en manque de croissance.
Notre d?cratie est malade de la confiscation du pouvoir, de l?incapacit? faire vivre le pluralisme, des difficult?de la presse, de l?absence de s?ration des pouvoirs, y compris du pouvoir ?nomique, de la connivence entre les mondes des affaires, m?atique et politique, de la crise de la justice. Le citoyen n?a pas l?impression d?y trouver sa place. La soci? civile y est m?is?
Nous avons ?econstruire, depuis les fondations, notre d?cratie.
Le tissu social est d?ir?Partout on croise de lourdes mis?s, personnes ?es aux ressources tr?faibles, travailleurs pauvres, difficult?de logement, partout la couleur de la peau, la consonance du nom, la religion, dressent les Fran?s les uns contre les autres, partout le quartier o?on vit, l?adresse postale, forment ghetto. Entre les policiers et les jeunes, entre les diff?nts quartiers, entre personnes au travail et personnes au ch?e ou aux minima sociaux, on se regarde du coin de l??il, on s??e, et on est pr? ??affronter. L??le elle-m?, le lieu m? de l??lit?es chances, est en situation de doute et d??ec.
Nous avons ?etisser notre soci?.
Nous sommes en panne de croissance. ce sujet, on prend souvent l?effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes par exemple consid?nt que le ch?e et la faiblesse du pouvoir d?achat sont des maux de notre pays. Ces maux sont des sympt?. Le mal c?est l?absence de croissance. Si nous avions de la croissance, nous aurions des emplois (beaucoup sont ?ib?r) et nous aurions du pouvoir d?achat ??rtir. Beaucoup de nos compatriotes consid?nt que l?immigration est la cause de nos maux. La situation de l?immigration est une cons?ence. Un pays qui va bien sait int?er, faire vivre ensemble. C?est l?emploi qui int?e. J?ai rencontr?es milliers de jeunes Fran?s d?ascendance immigr? Ils m?ont tous dit une seule chose : donnez nous du travail et tout le reste s?arrangera ! Donnez nous du taf !
Ma conviction est celle-l? les trois maux de la France, ils doivent ?e soign?et r?r?ensemble !
Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et S?l? Royal, dans le face ?ace sempiternel de la droite sempiternelle et de la gauche sempiternelle, vont non pas r?rer mais aggraver l?un ou l?autre de ces maux.
Nicolas Sarkozy, par sa proximit?vec les milieux d?affaires et les puissances m?atiques, par son go?e l?intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l?ont ?. Par son temp?ment, et les th?s qu?il a choisis d?attiser, il risque d?aggraver les d?irures du tissu social, notamment en conduisant une politique d?avantage au plus riche.
S?l? Royal para?mieux intentionn?en mati? de d?cratie, encore que le parti socialiste n?ait rien fait quand il ?it au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive ???rd du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l??at, perp?ant l?illusion que c?est ???at de s?occuper de tout, et qu?il peut s?occuper de tout, cr?t je ne sais combien de services publics, va exactement ??encontre, en sens contraire, des orientations n?ssaires pour rendre ?otre pays et ?on ?nomie leur cr?ivit?t leur ?ilibre.
Les deux candidats ont de surcro?promis une augmentation absolument d?rante des d?nses publiques, de l?ordre de 60 milliards d?euros chacun, dans un pays endett?omme le n?, l?un des deux ajoutant une baisse totalement improbable des pr?vements obligatoires dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher n?ont jamais approch?m? en r?.
Notre pays a un probl? de d?cratie, un probl? de fracture sociale, un probl? d??nomie, un probl? de dette. Nicolas Sarkozy va aggraver les probl?s de la d?cratie et la fracture du tissu social, S?l? Royal, par son programme, va aggraver durablement les probl?s de l??nomie et l?un comme l?autre vont d?quilibrer le d?cit et la dette.
De surcro? par leur choix de l?affrontement camp contre camp, ils affaiblissent durablement la France.
Dans les deux cas, sauf correction forte que je n?aper?s pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce qui se pr?re, apr?les belles promesses, c?est une nouvelle d?ption du pays, une impuissance, une paralysie.
Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote. J?estime que les Fran?s qui ont vot?our moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix.
Je ne reviendrai pas en arri? sur notre chemin de libert?Je ne cherche ni n?accepterai aucune soumission ou ralliement ??un des deux camps.
Je veux au contraire garantir aux Fran?s que quel que soit le vainqueur, ils trouveront pour les repr?nter une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l?action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens. Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des r?exes du toujours pour et du toujours contre, pour d?ndre l?int?t g?ral.