A l'heure où les critiques fusent de part et d'autre sur Nicolas Sarkozy, où les présidentielles de 2007 se mêlent aux vrais débats politiques, beaucoup de français doutent de celui qui ne sera plus pour très longtemps ministre de l'intérieur. Les paroles proférées sur les juges ces dernières semaines n'ont rien arrangé, ses prises de positions insatiables encore moins.
« Douter » c'est un mot qui fait peur, « douter », c'est le mot que la plupart des français s'approprient. Ils doutent de tout, de leur gouvernement, de leur président, de leurs ministres et ce n'est pas 20 ans d'immobilisme politique qui puisse redonner des couleurs à ceux, pour qui le destin de la France devient synonyme d'impasse.
Regardons le vote du 29 mai 2005. Tout y est significatif, tout le ras-le-bol des français envers la république s'est exprimé dans ce vote, il n'est nullement anecdotique.
Alors, présenter Nicolas Sarkozy comme étant l'homme de la situation est bien beau ; encore faut-il comprendre ce que cet ancien avocat veut apporter à la France, non pas par des promesses incertaines et des discours pompeux, mais en mobilisant les français à vouloir, eux aussi, une France dont ils seront fières, une France où chanter la marseillaise ne sera plus une gêne, mais ainsi une reconnaissance, le symbole d'une dignité envers son pays !
« On n'est pas français malgré soi, on est français parce qu'on le désire ardemment ! »
Directement, ses détracteurs vont aller rechercher ces fameuses émeutes fin 2005 où simultanément il emploiera le mot « racaille » ou l'expression « nettoyer au Karcher ».
Au delà de ces phrases enlevées de leur contexte, ne serait-il pas plus intéressant de se poser soi-même les causes de ses paroles, de se demander ce qu'un ministre, faisant de la sécurité une priorité, a sur le cœur pour en arriver là plutôt que d'invectiver, de coller à Sarkozy un discours Lepéniste qui n'est évidemment pas le sien.
Les banlieues et son « immigration choisie »
Je suis de ceux qui voue une admiration particulière pour Nicolas Sarkozy, je le revendique, je n'ai pas peur de peser mes mots. Le langage franc qui est le sien est autant le mien. Je ne veux pas de condamnation factice sur son travail tant qu'une analyse approfondie ne s'est pas déclenchée. Laissons le soin aux journalistes et aux citoyens de brayer, de brocarder, de caricaturer, de réduire en pauvres mots, futiles et creux, ceux de Sarkozy. Il serait impie de croire que quelques syllabes soient le résumé de tout un projet, tout un idéal qu'il s'est forgé.
Ces mots reviennent souvent, surtout à l'arrivée des présidentielles. Tous ceux contre Sarkozy argumentent – peut-on appeler cela argumenter ?! - avec cette même phrase : « Il est raciste ».
Son immigration choisie ne plait pas, il est trop à droite. Ses propos, si mal tenus, ne plaisent pas, il est xénophobe. Jamais un ministre n'aura autant fais parlé de lui. Pourtant, ce qui dérange, c'est justement ce franc parlé, cette vision très concrète de voir les choses vite et clairement. Ce qui dérange, c'est qu'il dit de bonnes vérités.
20 ans que la France dépense des milliards pour les banlieues, Nicolas Sarkozy a compris que ce n'était pas la meilleure solution. 20 ans que l'on promet un meilleur encadrement, un meilleur suivi et rien n'a véritablement bougé. Et l'on connaît le résultat ;
14 nuits blanches, des voitures incendiées de part et d'autre de l'hexagone, des vedettes, sorties depuis bien longtemps de ces cités, réapparaissent pour « défendre » les siens.
Il était évident pour ses personnalités que le seul coupable, c'était lui.
Il était tellement facile de rejeter la faute sur une seule personne, il n'y avait plus qu'à le faire démissionner.
Là où le bas blesse, c'est quand il parle de l'immigration et que ces banlieues ont besoin d'une « immigration contrôlée ».
Légitimement, Nicolas Sarkozy a raison. Pourquoi ? Car beaucoup de problèmes actuels des périphéries viennent d'une immigration libre et forcément non intégrée. Comment peut-on rester indifférent lorsque l'on sent chez ses enfants et petits-enfants la sensation de ne pas être français alors que, juridiquement, ils le sont ?!
Le ministre propose une immigration choisie qui accueillera mieux les réfugiés et les immigrés si le gouvernement est capable d'endiguer l'immigration clandestine et de réguler l'immigration familiale. De cela, résultera, entre autre, une économie prolifique.
« Il faut reconnaître au Gouvernement et au Parlement le droit de fixer chaque année, catégorie par catégorie, le nombre des personnes admises à s'installer sur le territoire pour répondre à des besoins précis de l'économie. »
Il est clair que les procédures seront plus rapides et plus souples pour ceux qui respectent l'état. Les autres n'ont pas à s'installer durablement sur le territoire.
Mais soyons réaliste, cette immigration choisie n'est pas lancée au hasard. La moitié de la population africaine est jeune. Il faut donc aider l'Afrique à se développer car la France n'a pas d'emplois ni de logements pour tous ces jeunes. Le désastre de l'Afrique d'aujourd'hui est le drame de l'Europe de demain ! Nos destins sont liés ! C'est pour cela que l'on doit poser les bases d'une immigration contrôlée pour qu'enfin, chacun comprenne qu'on ne pourra pas accepter tous ceux qui le veulent bien. Car on va, sinon, créer les conditions vers une montée du racisme et de xénophobie sans précédent.
Si, tous ceux qui n'ont pas de papiers en France ont vocation à y rester, alors la France ira vers des évènements que plus aucun républicain ne pourra contrôler. (Cf. « Chez FOG, 30 sept. 2006 »)
La compréhension des mots
Chaque apparition médiatique de Nicolas Sarkozy est minutieusement suivie, cherchant la moindre faille dans son discours pour, comme à l'accoutumée, le déformer.
Soyons un minimum plus intelligent et réfléchissons ! L'habit ne fait pas le moine disait-on, moi je dis, les idées ne font pas la politique ! Quand bien même des concepts sont donnés, il n'y a pas de vrai politique sans véritables actions, sans aller sur le terrain, sans concrétisation ! Pourtant la gauche use tant et plus de ce moyen ! La gauche trahit la France, La gauche de Ségolène Royal, de Lionel Jospin, de François Hollande !
Ce soir-là où il parlera de « racaille » en répondant à une dame habitant le quartier, il ne savait pas le succès que cela engendrerait.
En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Sarkozy fut catalogué de xénophobe, raciste, insultait les jeunes, que c'était lui la vraie racaille... La gauche ne s'est nullement privée d'utiliser le terme contre son plus grand rival.
Que les choses soient mises au point : je pense, tout comme N. Sarkozy, qu'il serait déplacé de parler de « jeunes » en montrant du doigt des gens qui n'ont aucun respect pour la France, pour la police, des gens qui mettent le feu aux voitures à tout bout de champs pour se faire entendre . Il y a des moyens plus intelligents. Je ne peux pas admettre d'autres mots pour ceux qui font régner la loi des bandes.
Je ne peux pas admettre d'autres termes pour ceux qui n'ont aucun respect pour le pays qui les a accueillis et qui montrent leur indignation de cette manière !
C'est justement pour ne pas faire d'amalgame avec la jeunesse, la majorité, qu'il a employé ce mot.
On ne peut pas tolérer des quartiers où les jeunes filles ne sont pas respectées, des quartiers où les trafiquants de drogue font le guet devant les écoles, des quartiers où certaines personnes roulent en Mercedes alors que leurs revenus ne dépassent pas le SMIC.
Les quartiers ont besoin de sécurité. Les quartiers ont besoin que s'y applique la loi républicaine.
Aimer ou ne pas aimer
Bien sur, ce ne sont pas ces quelques phrases qui changeront les anti-sarkozystes en pro-sarkozystes. Il n'empêche que leur idées ne peuvent être exactement les mêmes.
Une chose est sure, la politique est là pour aider, pour trouver des solutions. Tout est possible. Tout est possible si on le veut. Nicolas Sarkozy le dira lui-même, transformer le quotidien et rendre l'impossible envisageable l'a toujours passionné. Plus que jamais. Plus que quiconque ne l'a jamais voulu !
Publié par fredo le 01/10/06 @ 07:35 | commenter | lien permanent